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I,15:Francisco Vasquez de Coronado avril 17 2011

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Bien qu’il ait échoué dans sa quête d’un trésor pour enrichir l’Empire Espagnol, Francisco Vázquez de Coronado a mené une des explorations Européennes les plus remarquables à l’intérieur de l’Amérique du Nord.

francisco_vasquez_de_coronado.jpgCoronado est né dans une famille noble à Salamanque, en Espagne, en 1510. Il est venu aux Amériques à l’âge de vingt-cinq en tant qu’assistant du Premier Vice-Roi de la Nouvelle-Espagne.

Dans les trois ans après son arrivée au Mexique, Coronado avait épousé la fille du Trésorier de la colonie (ce qui lui a valu un immense domaine), avait réprimé une grande révolte d’esclaves, et était devenu Gouverneur d’une province importante du Mexique. Mais il voulait plus. Inspiré par les rumeurs de sept villes d’or et par les voyages de Cabeza de Vaca, Coronado a mené une expédition royale d’environ 300 soldats Espagnols, et plus de 1′000 Indiens Tlaxcala, et d’énormes troupeaux de bétail vers le nord, dans ce qui est maintenant l’Ouest Américain.

800px-coronado_expedition.jpgEn Juillet 1540, Coronado et son avant-garde de cavalerie Espagnole ont rencontré un Pueblo Zuni, Hawikuh, qui avait déjà une certaine expérience avec les Espagnols. Estevan, l’un des survivants de l’expédition de Cabeza de Vaca, avait conduit un petit détachement de reconnaissance chez les Zuni environ un an avant et les Zuni les avaient tués, ils l’expliqua plus tard à Coronado, en raison de son outrecuidance avec les femmes Zuni.

qmv1eukyq9eixg8d7ldtea.jpgCoronado est arrivé au Pueblo pendant le point culminant des cérémonies d’été Zuni. Naturellement, ils ne sont pas réceptifs à sa récitation du requirimiento, l’exhortation espagnole standard pour les peuples autochtones, qui commençait par l’ordre de reconnaître l’Église comme la règle supérieure du monde entier, et le grand prêtre appelé le Pape, et en son nom le Roi et la Reine d’Espagne. La partie suivante du requirimiento avertissait les Zuni que s’ils n’obéissaient pas aux ordres avec l’aide de Dieu nous serons forcés … de faire la guerre contre vous … vous prendre ainsi que vos épouses et vos enfants et de vous réduire en esclavage. Sans se laisser impressionner mais peut-être en colère, les Zuni ont commencé à tirer flèches sur les Espagnols, à un moment très près de tuer Coronado lui-même. Les Espagnols mieux armés et montés sont rapidement entrés dans le Pueblo et ont forcé les Zuni à fuir .

Coronado et ses hommes n’ont pas trouvé d’or dans les Pueblos Zuni, ce qui l’obligèrent à effectuer d’encore plus difficiles voyages. Coronado a envoyé des groupes d’hommes qui vont faire tout le chemin jusqu’à la rivière Colorado sur la frontière actuelle entre la Californie et l’Arizona, en explorant le Grand Canyon et une grande partie de ce qui est aujourd’hui le Nouveau-Mexique. Coronado a conduit lui-même un groupe à la recherche de la ville de Quivira et de ses richesses mythiques, dans ce qui est maintenant le Kansas, mais n’a rencontré qu’un petit village de ce qui était probablement des Indiens Wichita.

Déçu, Coronado est rentré chez lui au Mexique, où le Vice-Roi dénonça son expédition comme un échec lamentable. Coronado est parvenu à reprendre son poste de Gouverneur, mais plusieurs années après, il a été reconnu coupable de nombreuses atrocités contre les Indiens, en vertu de son autorité. Il a été démis de ses fonctions en 1544 et s’est installé à Mexico pour travailler dans une position modeste dans l’administration municipale. Il est mort en 1554, des décennies avant que la chronique de son expédition ne soit finalement publiée.

I,14:Hernando de Soto avril 17 2011

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Le 8 Mai 1541, au sud de l’actuelle Memphis, au Tennessee, le Conquistador Espagnol Hernando de Soto atteint le Mississippi, l’un des premiers explorateurs européens à jamais le faire. Après avoir construit des bateaux plats, de Soto et ses 400 soldats en guenilles ont traversé le grand fleuve, sous le couvert de la nuit, afin d’éviter les indigènes Amérindiens armés qui patrouillaient le fleuve tous les jours, à bord de canoës de guerre. De là, les Conquistadors se sont dirigés vers l’Arkansas d’aujourd’hui, poursuivant leurs recherches infructueuses de deux ans pour trouver de l’or et de l’argent dans le maquis américain.

hernando-de-soto.jpgNé dans les dernières années du XVème Siècle, de Soto est arrivé au Nouveau Monde la première fois, en 1514. Là, les Espagnols avaient établi des bases dans les Caraïbes et sur les côtes du continent Américain. Excellent cavalier et aventurier audacieux, de Soto a exploré l’Amérique Centrale et a accumulé des richesses considérables grâce à la traite des esclaves indigènes. En 1532, il a rejoint Francisco Pizarro pour la conquête du Pérou. Pizarro, de Soto, et 167 autres Espagnols ont réussi à conquérir l’Empire Inca, et de Soto est devenu un homme riche. Il est retourné en Espagne en 1536, mais il est rapidement devenu jaloux de Pizarro et d’Hernando Cortés, dont la renommée comme Conquistadors a éclipsé la sienne. L’Empereur Romain germanique Charles V a réagi en nommant de Soto, Gouverneur de Cuba avec un droit à la conquête de la Floride, et donc le continent nord-américain.

desoto1a.GIFÀ la fin de mai 1539, de Soto a débarqué sur la côte ouest de la Floride avec 600 soldats, fonctionnaires et officiers, 200 chevaux, et une meute de limiers. De là, l’Armée s’est mise à maîtriser les indigènes, saisissant les objets de valeur sur lesquels les soldats tombaient, et à préparer la région à une éventuelle colonisation Espagnole. Voyageant à travers la Floride, la Géorgie, la Caroline du Sud, à travers les Appalaches et l’Alabama, de Soto a échoué à trouver l’or et l’argent qu’il désirait, mais il a saisi une précieuse collection de perles à Cofitachequi, dans l’actuelle Géorgie. La conquête décisive a échappé aux Espagnols, car ce qui allait devenir les Etats-Unis dépassaient les grandes civilisations centralisées du Mexique et du Pérou.

Comme cela a été la méthode de la conquête Espagnole ailleurs dans les Amériques, de Soto maltraitait et réduisait en esclavage les indigènes qu’il rencontrait. Pour la plupart, les guerriers Indiens qu’il a rencontrés étaient intimidés par les cavaliers Espagnols et gardaient leurs distances. En Octobre 1540, cependant, les rôles ont été inversés lorsqu’une confédération d’Indiens a attaqué les Espagnols dans la ville fortifiée indienne de Mabila, près de l’actuelle Mobile, en Alabama. Tous les Indiens ont été tués ainsi que 20 des hommes de Soto. Plusieurs centaines d’Espagnols ont été blessés. En outre, les conscrits Indiens qui servaient de porteurs pour leurs approvisionnements se sont enfuis avec les bagages.

De Soto aurait pu marcher vers le sud pour retrouver ses navires le long de la côte du Golfe, mais il a ordonné à son expédition d’aller vers le nord-ouest à la recherche de la richesse insaisissable de l’Amérique. En Mai 1541, son armée a atteint et franchi le fleuve Mississippi, sans doute les premiers Européens à le faire. De là, ils ont traversé l’actuel Arkansas et la Louisiane, toujours avec quelques gains matériels pour témoigner de leurs efforts. En revenant au Mississippi, de Soto meurt de fièvre sur ses rives , le 21 Mai 1542. Afin que les Indiens n’apprennent pas sa mort, et donc ne croient plus que de Soto soit une divinité, ses hommes ont immergé son corps dans le fleuve Mississippi.

img084-copie.jpg

Les Espagnols, désormais sous le commandement de Luis de Moscoso, sont repartis vers l’ouest, passant dans le nord du Texas avant de revenir au Mississippi. Avec près de la moitié des membres de l’expédition d’origine, décédés, les Espagnols ont construit des radeaux et ont descendu le fleuve jusqu’à la mer, et a ensuite ont descendu la côte du Texas jusqu’à la Nouvelle-Espagne, pour finalement atteindre Veracruz, au Mexique, vers la fin de 1543.

I,13:Americus Vespucci avril 17 2011

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vespucci.GIFAmericus Mateo Vespucci (connu à son époque sous le nom de Alberico Vespucio) est né à Florence le 9 mars 1454, il est le fils de Nastagio Vespucci, un notaire public, et de Lisa de Andrea Mini sa mère. Très jeune, Americus et ses frères et sœur, Girolamo, Bernardo et Agnoletta, furent délaissés par leur mère qui préférait s’occuper de l’aîné Antonio.

Américus s’instruit auprès de son oncle Giorgio Antonio Vespucci, religieux dominicain qui enseigne la grammaire et la littérature à la noblesse florentine et fréquente à ce titre la Maison des Médicis, haut lieu de la culture. Américus s’intéressaient davantage aux mathématiques, à l’astronomie, à la cosmographie et à la physique. Entre 1478 et 1480, Amerigo accompagne son oncle Giorgio Antonio, en mission diplomatique en France pour le compte de Médicis, pour lui servir de secrétaire. A Paris il rentre en contact avec certains personnages illustres de la cour de France et de nombreux marchands florentins, venus en France pour leur négoce. Il rencontre Bartolomé Colomb, le frère de Christophe, venu solliciter le roi Louis XI, pour le compte de son frère, qui faisait le projet de découvrir une nouvelle route des Indes.

Mais Americus doit revenir en Italie à la suite du décès de son père en 1482, pour s’occuper de la succession.

Puis il commence une carrière d’intendant dans la Maison de Lorenzo de Pier Francesco (dit le “Popolano”), une des branches de la famille Médicis. Il est en contact avec des hommes de lettres, des philosophes, des scientifiques, des peintres florentins de l’époque, tels que Léonard de Vinci et Sandro Botticelli. On discute de l’existence de terres au sud de l’équateur et de différentes races.

Americus se trouve en Espagne au moment où la grande découverte de Colomb est faite. En Mai 1499, Vespucci quitte l’Espagne avec Alonzo de Ojeda pour le Nouveau Monde, comme aventurier et géographe autoproclamé. Ils suivent la voie sud empruntée par Colomb lors de son troisième voyage, et au large de la côte du Surinam en Amérique du Sud, ils aperçoivent les montagnes du continent. C’est un an après que Colomb ait vu pour la première fois le continent américain. A son retour en 1500, Vespucci fait un compte-rendu de son voyage dans une lettre adressée à Lorenzo de Médicis. Il effectue d’autres voyages et dans une autre lettre à René, Duc de Lorraine, écrite en 1504, il donne un compte-rendu de ses quatre voyages, dans lequel il date, par erreur, le moment de son départ lors de son premier voyage; au 29 Mai 1497, soit un an ou plus avant Colomb et Cabot qui découvraient en même temps, les continents Nord et Sud Américains. En 1505, un récit de ses voyages en Amérique est publié à Strasbourg, sous le titre de Americus Vesputius de Orbe Antartico per Regum Portugalliae Pridem Juventa. De cette publication portant la fausse date de départ de son premier voyage, Vespucci a acquis la réputation d’être le premier découvreur de l’Amérique. Faisant allusion à cette date et aux fausses déclarations en vertu de cela, le savant et consciencieux Charlevoix écrit que … Ojeda, quand il fut interrogé par voie judiciaire, a délibérément menti dans sa déclaration... Et Herrera, l’un des premiers historiens Espagnols, accuse Vespucci d’avoir volontairement falsifié la date de deux de ses voyages et de les confondre l’un avec l’autre, … afin qu’il puisse s’attribuer, lui-même, la gloire d’avoir découvert le continent … Enfin, lorsque Colomb meurt et qu’aucune voix pour accuser ou pour démontrer le mensonge ne peut plus s’échapper de ses lèvres, les récits de Vespucci sont publiés  à Saint Dié en Lorraine, à cette époque comme aujourd’hui, province à la frontière allemande. A ce moment, Vespucci est en correspondance avec un érudit maître d’école allemand, nommé Waldseemüller, qui collabore avec l’Académie de Cosmographie de Strasbourg, fondée par le Duc de Lorraine. Waldseemüller suggère aux membres de cette institution, sous l’égide de laquelle le récit de Vespucci a été publié, le nom d’America (Amérique) pour le continent occidental, en guise de félicitations au réputé découvreur. Cette proposition est publiée, avec approbation, en 1507, dans un ouvrage intitulé Cosmographiae Rudimenta. On pense que cette action a été faite à la demande ou à la suggestion de Vespucci, en tout cas il est responsable de la fraude car l’ouvrage a été publié sept ans avant la mort du Florentin, et que celui-ci n’a jamais apporté de démenti. … Compte tenu de l’intimité des deux parties… dit l’érudit Vicomte Santarem, … il ne fait aucun doute que le géographe a été guidé par le navigateur dans ce qu’il a fait… Le nom d’Amérique a été donné en l’honneur d’Americus Vespucci, contre lequel une réclamation pour fraude comme étant le premier découvreur de l’hémisphère occidental a été faite, et cette proposition avait été l’idée d’un maître d’école allemand. A la fois Colomb et Cabot ont été privés de cet honneur mérité.

I,12:Lucas Vasquez de Allyon avril 17 2011

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Dans une interview pour la télévision éducative en Caroline du Sud, l’Historien Jack Forbes a indiqué que la Caroline du Sud devrait probablement changer son nom pour Chicora en raison de l’histoire de ses premiers habitants. Les Indiens Chicora étaient les habitants autochtones de la Caroline du Sud. En effet, ils étaient les indigènes qui, au début des années 1520 se sont réunis en grand nombre sur la plage près de ce qui est aujourd’hui Pawley Island, pour observer d’étranges barbus accostant, les Espagnols.

1477_ayllon-lucas-vasquez-de.jpgSelon l’écrivain Paul Quattlebaum, les Espagnols étaient emmenés par Francisco Gordillo, pilote aux ordres de Lucas Vasquez de Ayllon. Plus que probablement ils sont entrés par le chenal nord de ce qui est maintenant connu comme la baie de Winyah à Georgetown, en Caroline du Sud. Le nom Chicora est censé être venu des indigènes eux-mêmes, bien qu’il ait parfois été considéré comme Shakori ou Chiquola. Les Historiens Oviedo et Pierre Martyr ont utilisé le mot Chicora; et Martyr a également utilisé Chicorana. Le Français Laudonnière, qui a entendu les noms des Indiens à Port-Royal en 1562, a écrit Chiquola.

581px-detail_ayllon_map_of_diego_ribero_1539.jpgQuattlebaum, dans The Land Called Chicora, (La Terre appelée Chicora), raconte que les Indiens qui étaient sur la plage lorsque les Espagnols sont arrivés, pensaient que ces nouveaux arrivants étaient de grands monstres marins ou des dieux et couraient dans les bois. Deux d’entre eux, surpris par les Espagnols, ont été pris sur les navires, habillés en espagnol et ont reçu beaucoup de cadeaux. Ils ont été autorisés à retourner dans leur peuple, présentant ainsi les Espagnols comme des amis.

De nombreux indigènes ont alors approché les Espagnols, qui leur ont donné des cadeaux et ont commencé des échanges amicaux. Dans la confiance de cette nouvelle relation, le Chef Chicora a envoyé cinquante hommes sur les navires pour livrer les cadeaux de peaux, de petites perles et un peu d’argent. Le Chef a fourni des guides pour aider les Espagnols à traverser la baie et visiter la campagne et son sol riche. Le dimanche 31 Juin 1521, Gordillo, avec un autre Capitaine, a pris possession des terres au nom de leur Roi, taillant des croix dans les arbres. L’hospitalité des gens qui se nommaient Chicora devait être récompensée par la cruauté. Avec cent quarante Chicora à bord du navire pour le divertissement, les Espagnols repartaient en mer avec les premiers esclaves Chicora, à destination de Hispaniola.

Ayllon, qui n’approuvait pas la prise d’esclaves, les a déclarés libres et a donné l’ordre de leur retour sur leurs terres. En attente de départ, ces Chicora ont été laissés en garde à vue chez Ayllon. Ayllon est retourné en Espagne avec l’un des Indiens, qu’il nomma Francisco Chicora. Tandis qu’en Espagne, ils ont rencontré les Historiens Oviedo et Pierre Martyr, qui ont tous deux écrit un article sur Francisco Chicora. Martyr a écrit que ces Indiens n’avaient pas de langue écrite, mais que les traditions et les contes étaient transmis de père en fils.

L’histoire de Lucas Vasquez de Ayllon et les tentatives infructueuses pour s’établir fermement sur les riches terres de la Caroline du Sud est l’histoire du début de la décimation des Chicora. Non seulement les Espagnols mais aussi les Français ont exploré la côte de la Caroline du Sud. Le Capitaine Jean Ribault et son équipage ont ferlé leurs voiles, jeté l’ancre dans ce qui est maintenant Port-Royal, qui pour les Espagnols, était connu comme Santa Elena.

Arrivé là, Ribault a trouvé les autochtones accueillants et chaleureux, les invitant, lui et ses hommes dans leurs foyers et inondant les Français avec des peaux bien tannées, des perles, des paniers faits de feuilles de palmier. Deux jeunes Indiens, qui servaient de guides à Ribault et à un de ses Lieutenants, René de Laudonnière, a offert d’emmener les Français voir le plus grand Seigneur de ce pays qu’ils appelaient Chiquola, et qui vivait dans les terres vers le nord.

Les revendications franco-espagnoles pour la section de terre des Chicora à Santa Elena ont donné lieu à de nombreuses batailles. Les Espagnols auraient attaqué et tué ou reconduit les Français à la mer. Ceux qui se retirèrent dans l’intérieur des terres ont été, dit-on plus tard conquis par les Espagnols. Il y eut plusieurs tentatives renouvelées par les Français pour reprendre la terre aux Espagnols, au milieu de ces combats et des révoltes, les Indiens Chicora ont été contraints de prendre parti. Dans le processus beaucoup ont été massacrés.

Cent cinquante ans après la première découverte de cette terre que les Indiens appelaient Chicora, les colons Anglais sont venus pour rester. Avec eux sont venues de nombreuses maladies comme la variole, la rougeole et le typhus, les indigènes n’avaient pas d’immunité pour résister. Avec les colons sont arrivées de nombreuses batailles et la mort de plus de quatre-vingts pour cent du nombre admis d’un million d’Indiens du Sud. Ceux qui n’ont pas été tués ou forcés de partir vers le nord ou l’ouest, ont eux-mêmes fui dans les marais et y sont restés cachés, ou du moins silencieux pour plusieurs centaines d’années. Dans l’une des dernières activités enregistrées des Chicora, le Chef Eno Jemmy Warrior et bon nombre de ses guerriers se sont ralliés aux Catawba à Cherawtown en 1743, lors d’une tentative par le Gouvernement à forcer tous les autres Indiens de se déplacer vers la communauté Catawba.

Les Indiens Chicora, comme beaucoup d’autres tribus amérindiennes, avaient des lacunes profondes dans l’enregistrement de leurs Histoires. Ces lacunes font que leur histoire n’en demeure pas moins réelle et pas moins importante. Souffrant la mort et la destruction par les impérialistes Européens, les Chicoras ont connu le même sort que des millions d’autres peuples indigènes en Amérique du Nord. L’Histoire de l’Indien Chicora comprend l’assimilation forcée des membres de la tribu dans les communautés blanches, même si les Blancs étaient rarement préoccupés par les questions sur les Indiens. D’après un personnage de roman de Linda Hogan, les Indiens étaient un peuple d’ombres, vivant dans la marginalité, presque invisibles.

I,11:Floride avril 17 2011

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img078.jpgC’est probablement dans la région de Saint Augustine qu’accosta Ponce de Léon.

Le nom viendrait de Pascua Florida (Pâques fleuries), le dimanche des Rameaux, jour de sa découverte, le 27 Mars 1513.

Lorsque le voyageur qui débarque à l’aéroport de Miami demande un renseignement à un policier de service et s’entend répondre: “Désolé, je ne parle pas anglais“, il se rend compte que la Floride constitue un cas un peu particulier dans l’Union. Le Dade County (Miami) a reçu plus de 80′000 immigrants Cubains en 1980, plus un nombre respectable de Mexicains et d’immigrants d’Amérique Centrale, attirés à l’origine par la proximité de la péninsule, mais aussi par le boom extraordinaire de ce qui est devenu le plus grand parc d’attractions d’Amérique.

Cela se passait entre 1920 et 1925. Alors à Miami, la spéculation sur les terrains atteignit des sommets de frénésie qu’on ne peut comparer qu’à celle de San Francisco, lors de la ruée vers l’or. Le boom a été suivi du krach inévitable, mais Miami n’en a pas moins pris son essor, en tant que locomotive du pays des vacances.

Car cette jetée plate de quelques 800 kilomètres de long qui s’avance, sud-sud-est, dans l’océan afin de protéger le Golfe du Mexique, jouit d’un climat exceptionnel. Chaud d’un bout à l’autre de l’année, pluvieux mais seulement l’été. L’hiver, on y vend du soleil et on le vend bien. Plus de 25 millions de visiteurs viennent en Floride, des Etats Unis (surtout des Etats du Nord-Est) et du reste du monde.

Les premiers Européens à tenter de s’installer en Floride furent les Huguenots Français du Capitaine Jean Ribault, envoyés par l’Amiral de Coligny, afin d’ouvrir une terre d’accueil aux Protestants Français, en 1562. Mais séduits par la douceur du climat, ils oublièrent que le premier souci des colons doit être la mise en valeur de la terre. Ils oublièrent aussi que les Espagnols veillaient au grain. Menendez de Avilés était déjà en route pour exterminer les intrus concurrents des Espagnols et hérétiques de surcroît.

JEAN RIBAULT REVENDIQUE LA FLORIDE POUR LA FRANCE
img081.jpgEn 1562, Jean Ribault est envoyé de France en Floride afin d’explorer la région et commencer une nouvelle colonie. Son lieutenant est René Laudonnière. Ribault navigue avec trois navires qui transportent cent cinquante personnes: des Huguenots ou des Protestants français. La France veut contrôler cette nouvelle terre et en chasser les colons Espagnols.
Ribault débarque près de la région de Saint Augustine. Quand il a navigué plus au nord, il a trouvé une rivière baptisée Saint John’s River. Parce qu’il n’aime pas le nom Espagnol de la rivière, il l’a rebaptise la «Rivière de Mai.” (Aujourd’hui, elle est connu de nouveau comme la rivière Saint Johns.) À l’embouchure de la rivière, Ribault construit un monument en pierre pour marquer sa visite et revendiquer cette région pour la France.
Ensuite, Ribault continue vers le nord à un endroit en Caroline du Sud qu’il appelle Port-Royal. Là, les Huguenots construisent un fort et le nomment Charlesfort, en l’honneur de leur Roi. Avant longtemps, les provisions commencent à diminuer, de sorte que Ribault retourne en France afin d’en recueillir plus.
À sa grande consternation, les conflits religieux ont éclaté et il est incapable de réunir l’argent pour le ravitaillement. Ribault part demander de l’aide à la Reine Elizabeth d’Angleterre. Elle le fait arrêter pour avoir établi une colonie française en territoire espagnol. Il est placé dans une prison de Londres.
Pendant le temps que Jean Ribault est en prison, René Laudonnière est envoyée pour secourir Charlesfort en Caroline du Sud. Laudonnière mène une expédition de 304 colons huguenots. Les Huguenots sont pressés de passer à une nouvelle colonie où ils auront la liberté de culte. La vie est difficile pour les Huguenots protestants dans la France catholique.
Quand ils arrivent à l’embouchure de la rivière Saint Johns, en Floride, ils s’arrêtent là et construisent un fort de protection en forme de triangle. Ils l’appellent Fort Caroline. Dans un premier temps, la colonie prospère. Les navires français sont fournis bien en bovins, en fournitures et en outils. À bord se trouvent des agriculteurs, des artisans, des femmes et des enfants.
Laudonnière entreprend d’explorer l’intérieur de ce nouveau territoire. Initialement, il établit de bonnes relations avec les Indiens Timucuan. Bientôt, cependant, il est à court de provisions et la colonie française est incapable de trouver de la nourriture auprès des indigènes. Certains des colons ne croient plus à la gestion de Laudonnière. Ils volent des bateaux et naviguent vers le sud pour devenir pirates et faire des raids sur les bateaux transportant les trésors espagnols. La plupart des colons à Fort Caroline décident de rentrer en France. La colonie française est en difficulté.
Après que Ribault soit sorti de prison, le Roi de France le renvoie en Amérique avec 500 soldats. Ribault prévoit de sauver et de prendre le contrôle de Fort Caroline.
Entre-temps, un explorateur espagnol nommé Pedro Menéndez de Avilés est arrivé en Floride. Menéndez veut chasser les Français de la Floride. Il construit un fort à Saint Augustine, juste au sud de Fort Caroline et prépare ses hommes au combat.
Ribault essaie de prendre Saint Augustine, mais ses navires sont détruits dans une violente tempête. Menéndez et 500 de ses hommes, marchent vers le nord de Saint Augustine et détruisirent Fort Caroline. Puis Menéndez localise Ribault et les autres marins naufragés français et les tue eux aussi.
René Laudonnière est blessé pendant l’attaque espagnole. Il réussit à s’échapper en France où il raconte les événements de sa tragédie. Laudonnière meurt en 1582.
Aucune implantation de nouvelles colonies françaises n’est établie en Floride.


Les Espagnols demeurèrent en Floride jusqu’en 1763, la cédèrent alors aux Anglais qui avaient pris La Havane, la reprirent 20 ans plus tard pour la vendre finalement aux Etats Unis, à l’aube du XIXème Siècle.

img079.jpg img080.jpgIl ne restait plus à ces derniers, pour s’y installer, qu’à régler le problème local, celui des Indiens Séminole. Ce fut la plus cruelle, la plus meurtrière des Guerres Indiennes. A l’exception de 150 d’entre eux, les survivants Seminoles furent déportés en Oklohoma.

img082.jpgPour le visiteur, la Floride, ce sont avant tout les immenses plages de sable blanc, la brise de mer qui chante dans les cocotiers, le marais sauvage des Everglades, le parc national le plus passionnant d’Amérique et l’Archipel des Keys, qui prolonge la péninsule jusqu’à Key West. Ce sont encore une trentaine de milliers de lacs enchevêtrés, des centaines de rivières et le monde enchanté de Disney World à Orlando.

img083.jpgMais lorsque les touristes sont repartis, les Floridiens demeurent. Ils se livrent à la production intensive des agrumes (ils détiennent le record mondial), de différents légumes et à l’élevage d’une race spéciale de bovins qui résistent aux 6 mois de sécheresse. La principale industrie est celle de la conserve alimentaire, mais les manufactures de tabac sont importantes, de même que les industries chimiques.

Enfin, c’est la Floride qui assure, à Cape Kennedy, le lancement des vaisseaux de l’espace, vers la lune et le cosmos.

I,10:Juan Ponce de Léon avril 17 2011

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img076-copie.jpgDécouvreur de la Floride, né à San Servas, en Espagne, en 1460, il s’est distingué comme Cavalier pendant la Guerre contre les Maures à grenade. Accompagnant Colomb lors de son second voyage, Ponce est nommé commandant d’une partie de Saint Domingue et en 1509, il fait la conquête de Porto Rico et en devient gouverneur et amasse une vaste fortune. Il entend parler d’une fontaine de jouvence _ une fontaine dont les eaux rendent la jeunesse aux personnes âgées. Elle est située, dit-on, dans l’une des îles des Bahamas, entourée d’arbres magnifiques et l’air y est chargé du délicieux parfum des fleurs ; les arbres portent un fruit doré qui est cueilli par de jolies filles qui les offrent aux étrangers. C’est l’ancienne histoire du Jardin des Hespérides, ajoutée à sa crédulité qui pousse Ponce à rechercher la miraculeuse fontaine, car ses cheveux sont blancs et son visage ridé par les années. En mars 1512, il fait voile vers le nord, à la recherche de la fontaine merveilleuse dans les îles des Bahamas, se baignant et buvant de l’eau de toutes les fontaines qu’il rencontre. Mais il ne ressent aucun changement, ne voit aucun arbre magnifique, ni de jeunes filles offrant des fruits dorés et déçu mais pas abattu, il se dirige vers le nord-ouest tandis que les vents lui portent le parfum de douces fleurs. Peu après, il débarque et parmi les magnolias majestueux, chargés de fragrances fleuries, il pense apercevoir l’entrée du paradis qu’il recherche.

img076.jpgNous sommes le matin du Dimanche de Pâques, quand il arrive sur le site de l’actuelle St Augustine, en Floride, et il prend possession de la région au nom du roi d’Espagne. A cause de sa richesse en fleurs ou à cause du jour Saint (Pasqua de Flores), il donne le nom de Floride à la grande île (c’est ce qu’il croit) qu’il vient de découvrir.

Il cherche en vain la fontaine de jouvence et redescend la côte vers le sud, donne le nom de Tortugas à une île. Puis il abandonne ses recherches, retourne en Espagne en 1514 et reçoit la permission du roi Ferdinand de coloniser l’Ile de Floride dont il devient le Gouverneur. Il n’y retourne qu’en 1521, ayant conduit auparavant une expédition sans succès contre les Indiens Caraïbes. En débarquant en Floride, il subit l’attaque d’Indiens hostiles qui repoussent les arrivants vers leurs navires. Ponce de León est mortellement blessé, il meurt à Cuba en juillet 1521.

I,9:Newfoundland (Terre-Neuve) avril 16 2011

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COLONISATION OFFICIELLE : LA MISE EN VALEUR DE TERRE-NEUVE

img074-copie.jpgL’Angleterre de la fin du XVIème Siècle s’intéressait de plus en plus à l’implantation de colonies en Amérique du Nord. Au nombre des promoteurs, il y avait Anthony Parkhurst, auteur d’un opuscule sur Terre-Neuve, et Sir Humphrey Gilbert, qui avait fait escale à St John’s Harbor en 1583, avant son tragique voyage de retour vers le continent.

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Un des membres de cette expédition, Edward Hayes, favorisait également l’idée de coloniser Terre-Neuve. De tels projets étaient souvent fondés sur la prémisse erronée que le climat nord-américain, celui de Terre-Neuve en particulier, serait similaire à celui des pays européens comme la France et l’Angleterre, situés sur la même latitude.

Ces projets étaient aussi largement motivés par la volonté des Anglais d’étendre leur emprise sur la pêche et le commerce du poisson, encore dominés par d’autres pays à la fin du XVIème Siècle. Dans cet esprit, les promoteurs mettaient beaucoup d’accent sur la nécessité de fortifications, de droits territoriaux et de garnisons armées.

Il allait toutefois falloir attendre 1604, et la fin de la guerre opposant l’Angleterre et l’Espagne. La paix rétablie, on assiste à un formidable essor des investissements et des activités outre-mer. De nouvelles sociétés commerciales sont fondées, comme la British East India Company (1600). On se met à voir dans les colonies une forme d’investissement apte à produire des profits alléchants par l’exploitation des ressources locales. La première plantation anglaise d’outre-mer a été fondée en 1607, en Virginie. La deuxième, établie en 1610, a été l’établissement de John Guy à Cupids, dans la Baie de la Conception (Terre-Neuve). Par la suite, les tentatives d’établissement de colonies dans le Nouveau Monde se sont succédé un peu partout à Terre-Neuve, sur la côte de l’Amérique du Nord et, plus au sud, dans les Antilles.

À l’origine, on a fondé deux principaux types de colonies à Terre-Neuve et ailleurs en Amérique du Nord : celles qui, comme à Cupids, étaient des entreprises commerciales créées par des groupes d’investisseurs, et qu’on a appelées colonies à charte; et celles qui, comme à Ferryland et à Renews, étaient fondées par des particuliers, et qu’on a appelées colonies de propriété.

Les investisseurs de la London and Bristol Company (aussi appelée, plus simplement, la Newfoundland Company), commanditaires de la plantation de Cupids, avaient une certaine expérience de la pêche et du commerce, dans le cas des partenaires de Bristol, ou encore possédaient les capitaux et les contacts auprès des commerçants et des politiciens, dans le cas des marchands de Londres et des courtisans. Plus qu’un simple établissement à l’Anse Cupid, ils prévoyaient construire une série de villages par l’entremise desquels ils auraient la main haute sur la pêche à Terre-Neuve et, par voie de conséquence, sur toute l’industrie. Ils confient l’entreprise à John Guy, un marchand de Bristol qui connaissait déjà Terre-Neuve et un des membres fondateurs du groupe d’investisseurs.

La colonie de l’Anse Cupid espérait tirer parti des ressources agricoles, forestières et minières. Or, comme les profits se faisaient attendre, la compagnie a commencé à vendre des parcelles de terres à d’autres promoteurs : ainsi, Sir William Vaughan a-t-il pu fonder une colonie de courte durée à Renews, pour ensuite transférer des parcelles de ses terres à Lord Falkland et à Sir George Calvert, le futur Lord Baltimore, fondateur de la colonie d’Avalon à Ferryland.

Sir William Vaughan était un visionnaire, qui envisageait les colonies d’outre-mer comme solution aux problèmes socioéconomiques de l’Angleterre, notamment à la surpopulation, au chômage et à la pauvreté. George Calvert, qui allait fonder une colonie à Ferryland en 1621, était fermement convaincu de la rentabilité des colonies d’outre-mer; mais il voulait aussi faire de sa plantation un havre de tolérance religieuse. En dépit de la discrimination officielle à l’égard des Catholiques pratiquée par l’Angleterre protestante, Calvert, lui-même converti au catholicisme, autorisait la présence à Ferryland d’un clergé tant catholique qu’anglican.

Même si des établissements informels se sont maintenus à petite échelle dès le début du XVIe siècle, les colonies à charte et les colonies de propriété se sont toutes soldées par des échecs. Pourquoi? En deux mots, parce que les colons et leurs commanditaires ont réalisé qu’il serait difficile d’habiter à Terre-Neuve à l’année longue, et impossible d’y réaliser des profits. Ainsi, à Cupids et au village voisin de Bristol’s Hope, les colons avaient du mal à cultiver le sol, souffraient de la rigueur du climat, ne trouvaient pas de minerai précieux et ne pouvaient pas pêcher sans subir la concurrence des navires de pêche migratoire et les attaques de pirates comme Peter Easton. Les émigrants d’Angleterre étant davantage attirés par les colonies du continent que par Terre-Neuve, la population allait rester faible et fragile. Éventuellement, les investisseurs ont fini par abandonner la partie. L’exploitation d’une colonie rentable exige suffisamment de ressources pour faire vivre les colons à l’année longue et pour justifier un commerce d’exportation rentable : or, à Terre-Neuve, seule la pêche faisait entrevoir du potentiel, mais elle n’était praticable que quatre ou cinq mois l’an. Cette industrie pouvait apporter des profits substantiels (après tout, elle l’avait fait pendant plus d’un siècle), pour autant qu’elle demeure une activité saisonnière et migratoire basée en Angleterre.

Ceci dit, ce n’est pas la colonisation qui a échoué, mais le système de colonisation systématique commandité depuis l’Angleterre. Des fouilles menées à Ferryland et, plus récemment, à Cupids, ont révélé que l’établissement par des planteurs avait déjà à cette époque enfoncé dans le sol Terre-Neuvien les premières racines d’une permanence.

En plus des plantations anglaises, il faut mentionner une tentative sérieuse de colonisation par les Français à Terre-Neuve. La colonie de Plaisance (aujourd’hui Placentia) n’était pas financée par des investisseurs privés ou des particuliers, comme les colonies à charte et les colonies de propriété des Anglais. Il s’agissait d’une colonie royale, fondée par la Couronne française pour défendre les intérêts de l’État. Les Français engagés dans la pêche migratoire florissante avaient adopté depuis plusieurs années l’excellente grève de Plaisance pour y sécher leur morue et, dès 1655, avaient envisagé d’y établir une colonie. Ce n’est qu’en 1664 qu’ils allaient lever le financement nécessaire à l’entreprise. Pour Jean-Baptiste Colbert, le puissant ministre des Finances et des Colonies, un village permanent à Plaisance ne pouvait qu’appuyer l’ambitieux plan d’intégration et de consolidation de la position de la France dans le commerce d’outre-mer.

Toutefois, la colonie s’est trouvée aux prises avec plusieurs des difficultés éprouvées par les colonies anglaises et les lourds investissements en soldats, en fortifications, en émigrants à gages et en subventions directes n’ont apporté que peu de bénéfices, tous les efforts pour diversifier l’économie se soldant par des échecs. Tant et si bien que le Gouvernement français abandonnait Plaisance à la fin de la Guerre de la Succession d’Espagne (1701-1713), pour tenter un nouveau départ au Cap Breton par la construction de la colonie fortifiée de Louisbourg.

COLONISATION SPONTANÉE : LE PEUPLEMENT DE TERRE-NEUVE JUSQU’EN 1820

Dans l’Empire britannique en pleine expansion des XVIIème et XVIIIème Siècles, Terre-Neuve était une anomalie, considérée comme une industrie plutôt que comme une colonie, comme une activité plutôt que comme une société. À Terre-Neuve, ce fait a été déformé de manière à soutenir le mythe selon lequel le Gouvernement britannique, poussé par les armateurs du sud-ouest de l’Angleterre, auraient appliqué une politique rigoureuse pour décourager le peuplement de l’île. Même si les chroniques ne supportent pas cette interprétation, le mythe, tel que décrit par le célèbre juge et historien Daniel Prowse dans son History of Newfoundland, fait partie de l’histoire qui a été enseignée à la plupart des Terre-Neuviens. Dans un article brillant, plus souvent cité que lu, le regretté Keith Matthews a déboulonné ce mythe (Matthews, 21-30).

De fait, durant la plus grande partie du XVIIe siècle, les gouvernements britanniques ont encouragé la colonisation. Vers 1675, cette politique était remise en question alors que les colons étaient aux prises avec de graves problèmes. Des équipages de pêche du sud-ouest de l’Angleterre pillaient les plantations, et le Committee for Trade and Plantations leur avait même conseillé de partir. Envoyé pour appliquer cette politique radicale, Sir John Berry, un commodore qui avait le cœur à la bonne place, allait remettre en question le bien-fondé de sa mission et défendre les colons avec éloquence. Quelques années plus tard, le Committee for Trade and Plantations reconnaissait la colonisation de fait de Terre-Neuve, une politique appuyée par l’édit de 1699 du Roi William III, qui confirmait le titre des habitants sur leurs plantations. Cette politique d’acceptation était à nouveau remise en question vers la fin du XVIIIème Siècle, durant le mandat du gouverneur Sir Hugh Pallister (1764 -1768); mais s’il était sans pitié pour les immigrants irlandais, même Pallister a toléré les colonies existantes. Ces deux épisodes de politique officielle anti-colonisation ont engendré le mythe selon lequel les Anglais, ceux du sud-ouest de l’Angleterre notamment, étaient opposés à l’immigration à Terre-Neuve. De fait, les colons étaient indispensables à la pêche migratoire de cette région de l’Angleterre.

La politique mercantiliste de l’Angleterre, qui ne voyait d’autre intérêt à la colonisation que le soutien à la pêche, ne devait être abandonnée que vers les années 1820. Cette attitude a eu un impact majeur et persistant sur l’histoire de l’île et sur le caractère de sa société. Elle explique la lenteur de la mise en place des institutions judiciaires, politiques et sociales.

Les premiers habitants permanents ont été des membres des colonies de propriété ayant choisi de demeurer à Terre-Neuve, rejoints par quelques autres immigrants. Un recensement mené en 1680 a révélé qu’il vivait 1 700 personnes sur la côte anglaise, entre Bonavista et Trepassey. Ces gens étaient autorisés à rester sur place parce qu’on craignait que les Français, qui disposaient d’une base militaire à Plaisance depuis 1662, ne s’emparent des meilleurs havres. À la fin du XVIIe siècle, le gouvernement concédait qu’une petite population permanente et un certain droit à la propriété étaient souhaitables, mais sans jamais encourager l’immigration et la colonisation.

La population permanente est demeurée faible et fragile jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, moment où certains facteurs sont venus favoriser une croissance discontinue. Avec le traité d’Utrecht (1713), les pêcheurs anglais ayant hérité des territoires exploités auparavant par les Français, une pêche hauturière s’est développée sur les bancs. Les marchands du sud-ouest de l’Angleterre, maintenant favorables aux résidents, ont commencé à traiter avec eux, leur achetant non seulement leur poisson, mais aussi des produits obtenus en dehors de la saison de pêche, notamment de l’huile de phoque et des fourrures. Pour leur part, les marchands américains ont fourni aux colons les denrées alimentaires nécessaires à l’habitation à l’année longue. Enfin, la guerre entre la France et la Grande-Bretagne, surtout après 1793, devait venir à bout de la pêche migratoire traditionnelle, pour la remplacer par une pêche de résidents. Dans les années 1790, la population atteignait 20 000 personnes; en 1815, elle avait déjà doublé. Tout cela, en dépit d’une politique officielle qui n’encourageait pas la colonisation. Comme devait l’écrire un commentateur : « Terre-Neuve a été colonisée à votre insu. »

Les immigrants sont arrivés de deux endroits : les premiers colons étaient originaires du sud-ouest de l’Angleterre; ensuite, à partir de la fin des années 1720, les immigrants sont venus en grand nombre du sud-est de l’Irlande. Dès la fin du XVIIIe siècle s’instaurait à Terre-Neuve cette société mixte anglo-irlandaise qui allait donner à l’île son caractère particulier, en partie parce que son existence n’avait jamais été prévue.

LES FRANÇAIS A TERRE-NEUVE

Même si Terre-Neuve est régulièrement décrite comme la plus ancienne colonie britannique, une prétention fondée sur le voyage de Cabot en 1497 et la prise de possession par Sir Humphrey Gilbert en 1583, il n’en demeure pas moins que la France, dès le tout début, a été un participant de premier plan à l’exploration et à la mise en valeur de Terre-Neuve. Lorsque l’explorateur français Jacques Cartier est arrivé en vue de Terre-Neuve en 1534, les pêcheurs bretons, normands et basques y pratiquaient la pêche depuis plus de trente ans.

Au début, les Français pêchaient près de la côte dans des barques découvertes. La morue était soit traitée en saumure (morue verte), la méthode préférée des marchés du nord de la France, soit séchée et salée, au goût des marchés du sud. Ensuite, vers le milieu du XVème Siècle, les Français se sont mis à fréquenter les bancs du large, et ont continué d’y pêcher jusque vers la fin au XIXème Siècle, transformant leurs prises des deux façons décrites ci-dessus pour satisfaire leur marché local et le marché international. Cette volonté de répondre aux préférences distinctes des marchés et des consommateurs explique la longévité de l’industrie de pêche française à Terre-Neuve.

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Carte de Plaisance, 1703.

Tirée de New Voyages to North America du Baron de Lahontan (Chicago: A. C. McClurg & Co., 1905) 345.

Réimpression de l’édition anglaise de 1703, y compris une reproduction de la carte originale de 1703.

Légende:

A. Fort de Plaisance.

B. Limites de la redoute.

C. Habitations.

D. Graves pour le séchage de la morue.

E. Montagne couverte de forêts.

F. Vieux fort d’une époque antérieure.

G. Port de Plaisance.

H. Route de Plaisance.

I. Lieu de pêche à la morue.

L. Réservoir contenant un peu d’eau.

M. Rivière pour la pêche au saumon.

N. Lieu appelé “fountaine” au pied de la colline.

O. Premier ancrage de la flotte anglaise.

P. Lieu d’où la flotte attaque le fort au canon.

Q. Sloop anglais et deux officiers anglais.

RRRR. Bateaux français à l’ancre dans le port.

On trouvait des pêcheurs français un peu partout à Terre-Neuve, notamment dans la moitié sud de l’île, du cap Race vers l’ouest jusqu’au delà de la baie de Plaisance; le gouvernement français allait éventuellement établir une colonie à Plaisance en 1662; à ce moment, il y avait déjà toutes sortes de petits villages depuis la baie de Plaisance et les minuscules îles de Saint-Pierre et Miquelon et, au delà de la péninsule de Burin, jusque sur les rives des baies de Fortune et Hermitage. Les Français s’étaient aussi établis au nord de Bonavista, et en particulier sur la côte de la péninsule Northern, qu’ils appelaient le Petit Nord. Enfin, les Basques s’étaient constitué une chasse gardée dans une troisième région, la côte ouest de Terre-Neuve. En termes concrets, on peut donc dire que Terre-Neuve au XVIIème Siècle était plus Française qu’Anglaise. À l’apogée de leur présence, entre 1678 et 1688, les Français consacraient à la pêche quelque 20′000 personnes (environ le quart de tous les marins du pays) et 300 navires, ce qui représentait en gros le double de l’effort des Anglais. Pourtant, au milieu du siècle suivant, les colonies Françaises de Terre-Neuve avaient disparu, les pêcheurs Français étaient confinés à certaines parties de la côte et les Anglais exerçaient un contrôle incontesté sur l’île. Que s’était-il passé?

En général, les pêcheurs Français et Anglais s’étaient côtoyés sans conflit majeur au cours du XVIIème Siècle. Par contre, entre les deux mères patries, des motifs de désaccord étaient apparus et avaient commencé à se transporter à Terre-Neuve. La campagne hivernale de Pierre Le Moyne d’Iberville en 1696-1697, qui a entraîné la destruction de la presque totalité des villages anglais à Terre-Neuve, en a été la manifestation la plus sensationnelle. Avec le temps, à cause de victoires militaires et stratégiques ailleurs en Amérique du Nord et dans le monde, les Français ont accepté de reconnaître la souveraineté Britannique sur Terre-Neuve. En signant le traité d’Utrecht en 1713, ils abandonnaient leurs colonies à Terre-Neuve, y compris Plaisance et les îles de Saint-Pierre et de Miquelon; ils retenaient toutefois le droit de pêcher le long d’un secteur de la côte allant du cap Bonavista vers le nord jusqu’à la péninsule Northern, puis jusqu’à la pointe Riche sur la côte ouest. S’il ne leur est pas permis de s’établir sur ce French Shore, ils peuvent quand même y sauvegarder les avantages économiques de la pêche à Terre-Neuve, soit l’emploi et le commerce, ainsi que son rôle stratégique de formation de marins chevronnés, fondement de la puissance navale de la France. Pour la France, la préservation de son droit de pêche à Terre-Neuve est si importante qu’en 1762, durant la Guerre de Sept ans, malgré une série de cuisantes défaites, elle insistera pour poursuivre une guerre qu’elle sait perdue plutôt que d’accepter des conditions de paix qui y auraient mis un terme. Cette importance est aussi reflétée par la manière dont les Français ont continué de diriger leurs incursions militaires contre Terre-Neuve en 1762 et en 1796, et ont menacé de les reprendre durant la guerre de l’Indépendance américaine. Si aucun de ses efforts n’a connu grand succès, la France a quand même réussi à faire reconnaître ses privilèges sur le French Shore, conservant le droit de pêcher non seulement à partir de Saint-Pierre, mais aussi le long de vastes secteurs de la côte de Terre-Neuve.

En 1783, le French Shore allait connaître une révision importante. L’expansion des colonies anglaises dans la baie de Notre-Dame étant devenue source de friction avec les pêcheurs français, l’Angleterre et la France ont convenu de déplacer vers l’ouest les limites du French Shore : de 1783 à 1904, le French Shore s’étendra du cap St. John vers l’ouest, encerclant la péninsule Northern vers le sud jusqu’au cap Ray. Plus tôt, en 1763, la France avait repris le contrôle de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Ces îles allaient devenir la base des activités de pêche de la France sur les bancs, et donner lieu en même temps à une industrie locale de la morue séchée; quant au French Shore, il permettra surtout aux pêcheurs français saisonniers de produire de la morue salée pour le marché international. C’est ainsi que la présence française à Terre-Neuve est restée constante, bien qu’un peu limitée, jusqu’au début du siècle actuel. Les Français de Saint-Pierre et Miquelon, tant les résidents des îles que les pêcheurs qui y passaient l’été, ont créé de solides associations commerciales et culturelles avec les résidents de la péninsule de Burin et de la côte sud de Terre-Neuve. Entre eux, le commerce des appâts connaîtra une grande importance au XIXe siècle. De la même façon, sur le French Shore, des interactions se tissaient entre les pêcheurs français saisonniers et une population résidente en pleine expansion. Même si les traités associés au French Shore interdisent tout commerce entre les Français et les gens de la côte, les commerçants français auront régulièrement fourni provisions et engins de pêche aux colons, en échange de bois de construction et d’appâts.

Malgré tout, la présence des Français au large du French Shore allait connaître une forte diminution au XIXe siècle. Alors qu’on y avait recensé plus de 9 000 pêcheurs saisonniers dans les années 1820, il n’en restait plus que 133 en 1898. Le Gouvernement français était donc prêt à mettre un terme à ses privilèges de pêche sur le French Shore lorsque le moment est venu, en 1904, de régler par la voie diplomatique divers litiges qui opposaient encore la France et l’Angleterre un peu partout dans le monde. La France a quand même continué de pêcher à partir de Saint-Pierre, et les chalutiers de ses ports comme Saint-Malo de s’y ravitailler pour pêcher sur les bancs de Terre-Neuve. Vu la proximité de Saint-Pierre et Miquelon et de Terre-Neuve, la délimitation des eaux territoriales de la France et de Terre-Neuve a donné lieu à quelques vives discussions au cours du XXe siècle. Une entente conclue en 1972 a paru résoudre le conflit, mais celui-ci a ressurgi lorsque la France et le Canada ont commencé à exercer une juridiction jusqu’à la limite des 200 milles marins. Finalement, en 1992, les deux pays en sont arrivés à un partage mutuellement acceptable. C’est ainsi que les Français, après avoir pêché dans les eaux Terre-Neuviennes depuis le XVème Siècle, ont pu continuer jusqu’à nos jours de jouer un rôle important dans l’histoire et les affaires de Terre-Neuve.

I,8:Jean et Sebastien Cabot avril 16 2011

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Famille d’explorateurs, dont le nom est étroitement lié à l’histoire de l’Amérique. On suppose que John est né à Gênes, bien que certains historiens prétendent qu’il soit né à Venise. Il est évident que durant quinze, jusqu’en 1476, il a habité Venise et que cette année-là, il est devenu officiellement citoyen de cette ville. Rapidement il déménage à Bristol, en Angleterre et s’engage dans une activité commerciale. Avec l’idée de trouver une route plus courte pour les Indes, il prend la décision de tenter un passage par le nord-ouest. Pour sa future entreprise, il a obtenu Henry VII une patente pour la découverte de terres inconnues, qu’elles soient aussi bien situées dans les mers orientales, occidentales que septentrionales.

220px-sebastien_cabot.jpgSébastien, le second fils de John, est né à Bristol, en 1477. Comme son nom apparaît sur la requête de son père auprès d’Henry VII, pour obtenir la patente mentionnée ci-dessus, on suppose qu’il accompagnait son père lors du voyage décrit ci-après. Sébastien décèdera en 1557.

img073.jpgLes dernières données montrent que John et son fils Sébastien ont probablement appareillé de Bristol, en mai 1497 et ont découvert en juin ce qu’ils ont supposé être la côte chinoise, et sont repartis en juillet. En avril 1498, ils appareillent de nouveau de Bristol ; durant ce voyage, John meurt et Sébastien prend le commandement. L’endroit du débarquement est incertain ; probablement le Labrador et Prince Edward Island ont été atteints. Une hypothèse courante est qu’il a été arrêté par les glaces dans le Détroit de Davis. Ensuite, il fait voile vers le sud-ouest et découvre les rivages du Labrador ou éventuellement la côte nord du Newfoundland. Faisant demi-tour vers le nord, il traverse la côte du continent presque à une latitude de 60°, quand la glace de nouveau lui barre la route. Il redescend vers le sud et découvre une large île qu’il baptise New Found Land (Terre-Neuve) et s’aperçoit du grand nombre de morues dans les eaux qui l’entourent. Quittant cette île, il suit la côte aussi loin qu’au Maine et certains auteurs pensent aussi loin que les Carolines. A son retour, Cabot révèle le secret des morues de Newfoundland et en moins de cinq ou six ans, par la suite, des pêcheurs d’Angleterre, de Bretagne et de Normandie y faisaient la collecte de ce trésor. Comme Cabot n’avait pas ramené d’or des Amériques, le roi Henry ne s’est plus intéressé à lui ; et en 1512, il est parti pour l’Espagne, à l’invitation du roi Ferdinand et a reçu honneurs et argent jusqu’à la mort du souverain en 1516, quand irrité par la jalousie de la noblesse Espagnole, il est retourné en Angleterre. Henry VIII lui fournit un navire, en 1517, afin de trouver un passage pour les Indes par le nord-ouest ; mais il ne réussit pas à déjouer les glaces de la Baie d’Hudson et renonce. Le successeur de Ferdinand en Espagne invite Cabot et le nomme Chef-Pilote du royaume. Il est employé par les marchands Espagnols pour commander l’expédition vers les Spice Islands, via le nouvellement découvert Détroit de Magellan ; mais les circonstances l’empêchent d’aller plus loin que le sud-est de la côte de l’Amérique du Sud, où il découvre les rivières De la Plata et Paraguay. Ses employeurs sont déçus et démissionnant de son poste, Cabot retourne en Angleterre où il reçoit une pension du roi. Après la mort d’Henry VIII, le roi-enfant Edward VI nomme Cabot, Grand Pilote d’Angleterre, mais la reine Mary le néglige et permet que cet éminent navigateur et découvreur du continent nord-américain meurt à Londres aussi pauvre et méconnu qu’à 18 ans.

Patente accordée le 5 mars 1496 à John Cabot :
Henry, par la Grâce de Dieu, Roi d’Angleterre et de France et Seigneur d’Irlande, à tous ceux à qui la présente sera produite, déclare :
Faites savoir que nous avons donné et garanti, et par la présente nous et nos héritiers donnons et garantissons à notre bien-aimé John Cabot, citoyen de Venise, à Lewis, Sébastien et Santius, les fils du-dénommé John et à leurs héritiers, et à tous ainsi que leurs adjoints, la libre et pleine autorité et le pouvoir de faire voile vers toutes les régions, les pays et les mers de l’Est, de l’Ouest et du Nord, sous nos bannières et enseignes, avec de bons navires quelque soit leur jauge et leur nombre et quelque soit le nombre de marins ou d’hommes qui les accompagnent à bord des-dits navires, armés à leurs propres frais et à leur charge, de rechercher, de découvrir et de localiser où que ce soit, les îles, les pays, les régions ou les provinces des païens et des infidèles où qu’ils se trouvent, que ce soit dans n’importe quelle partie du monde et qui avant cette époque étaient inconnus des Chrétiens ; nous avons garanti à tous et à chacun d’entre eux, à tous et à chacun de leurs héritiers, et à leurs adjoints, la permission de hisser nos bannières et enseignes sur chaque village, ville, château, île ou terre nouvellement découverts. Et que le dénommé John et ses fils, ou leurs héritiers et administrateurs doivent soumettre, occuper et prendre possession tous ces villes, cités, châteaux et îles qu’ils découvriront et qu’ils peuvent soumettre, occuper et prendre possession, en tant que nos vassaux et lieutenants, nous laissant l’autorité, le titre et la juridiction de ces mêmes villages, villes, châteaux et terres ainsi découverts. Cependant, le dénommé John et ses fils, leurs héritiers et leurs adjoints, sont les propriétaires et les bénéficiaires de tout le fruit, le gain et la marchandise provenant d’une telle navigation, pour chacun de leurs voyages, aussi souvent qu’ils arriveront à notre port de Bristol (auquel ils sont liés et où ils doivent uniquement arriver) toutes les sortes de dépenses et de frais nécessaires, étant déduits, sont tenus de nous payer en marchandise ou en argent, notre part sur les bénéfices ainsi récoltés. Nous leur garantissons ainsi qu’à leurs héritiers et à leurs adjoints, qu’ils sont libres de vendre à des clients, tout ou partie d’une telle marchandise et qu’ils sont exonérés de frais de douane pour tout ou partie de ce qu’ils rapporteront de ces endroits nouvellement découverts.
Et de plus, nous leur avons octroyé et garanti, ainsi qu’à leurs héritiers et à leurs adjoints, que les terres, les îles, les villages, les villes, les châteaux et les endroits où qu’ils se trouvent et qu’ils auront la chance de découvrir, ne pourront être abordés et visités sans l’autorisation du dénommé John et de ses fils et de leurs adjoints, sous peine de confiscation de leurs navires, comme de tous les biens de ceux qui prendront la liberté de faire voile vers les endroits ainsi découverts. Désirant, et plus directement commandant tous et chacun de nos sujets sur terre comme sur mer, que les officiers nommés par nous, donnent une bonne assistance au dénommé John, à ses fils et à ses adjoints, ainsi que l’armement et l’équipement de leurs navires ou vaisseaux, tout comme leur fournir la tranquillité, et leur acheter à leurs frais des vivres et toutes les autres choses nécessaires à ladite navigation, et leur donner toute l’aide et leur rendre tous les services.
Ce en vertu de quoi, nous avons établi notre Lettre de Patente. Témoin, nous-mêmes, à Westminster, le cinquième jour de Mars, dans la onzième année de notre règne.

I,7:Anse-aux-Meadows avril 16 2011

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Bjarni Herjólfsson est un explorateur norvégien qui est le premier découvreur européen connue de la partie continentale des Amériques, qu’il a repéré en 986.

Bjarni est né à Herjulf, fils de Bard Herjólfsson. Le pays d’origine de Bjarni est la Norvège, mais il va voir son père tous les étés en Islande.

img072-copie.jpgBjarni est censé être le premier Européen à découvrir l’Amérique du Nord. La saga Grœnlendinga (Saga Groenlandaise) dit qu’il est parti d’Islande pour visiter ses parents comme d’habitude, sauf qu’en arrivant, son père était parti avec Éric le Rouge au Groenland. Il a donc pris son équipage et pour aller le retrouver. Mais en cet été de 985 ou 986, Bjarni est dévié de sa route par une tempête et n’a ni carte ni boussole. Il voit un morceau de terre qui n’est pas le Groenland. Cette terre est couverte d’arbres et de montagnes et bien que son équipage le supplie de le faire, il refuse de s’arrêter et de l’explorer. Puisque personne, dans son équipage n’est allé au Groenland auparavant, ils ont dû chercher. Bien qu’il réussit à reprendre sa course, il déclare avoir vu de basses collines couvertes de forêts à une certaine distance plus à l’ouest. La terre semble hospitalière, mais Bjarni a hâte d’arriver au Groenland pour voir ses parents et ne s’arrête pas pour explorer les nouvelles terres. Il rendu ses conclusions à la fois au Groenland et en Norvège, mais personne à l’époque ne semble manifester un intérêt pour elles. Les chercheurs s’entendent généralement pour dire que Bjarni a vu Terre-Neuve, le Labrador et l’île de Baffin, quoique certains soutiennent qu’il a pu dévier vers le sud jusqu’au Maine.

Dix ans plus tard, cependant, Leif Ericson (Leifur Eiríksson) prend les revendications de Bjarni plus au sérieux. Il achète le navire que Bjarni avait utilisé pour le voyage, embauche un équipage de 35 personnes et entreprend de rechercher la terre. Le résultat est considéré comme l’établissement des Vikings à L’Anse aux Meadows, à Terre-Neuve. Il s’agit de la première tentative connue de peuplement par les Européens sur le continent des Amériques.

img072-copie-2.jpgimg072.jpg

I,6:Leif Ericson avril 16 2011

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Leif Ericson est né vers 980 près de l’actuel Búdhardalur, en Islande, il est le fils d’Erik le Rouge. Sa famille a navigué vers le sud du Groenland vers 985, et son père a fondé une colonie près de l’actuel Julianehåb.

img071-copie-2.jpgVers 999, Ericson navigue vers l’Islande puis la Norvège, où il sert le roi Olav I et se convertit Christianisme. Il retourne au Groenland l’année suivante et commence à prêcher le Christianisme dans la colonie de son père.

Vers 1000, le Capitaine de la marine scandinave Bjarni Herjulfsson dit avoir aperçu une terre à l’ouest du Groenland, qui semble être boisée. En entendant l’histoire, Ericson achète à Herjulfsson un navire et prépare une expédition pour aller à la recherche de cette terre. Naviguant vers l’ouest du Groenland, avec 35 hommes, Ericson atteint d’abord à une zone plate de pierre qu’il nomme Helluland (Flat Rock Land), qui peut-être se trouve dans l’actuel Labrador. En partant plus au sud, il atteint une région fortement boisée, qu’il appelle Markland (Forestland), éventuellement dans l’actuelle Terre-Neuve. Sur le site d’accostage suivant, ses hommes trouvent une culture du raisin en abondance, de sorte que le terrain est nommé Vinland (Wineland). Ericson et ses hommes passent l’hiver au Vinland, où ils construisent une grande maison pour eux et un hangar pour protéger leur navire. Ils coupent également une cargaison de grumes pour les rapporter au Groenland, où les arbres étaient (et sont encore) rares. Lors du voyage de retour, il sauve 15 victimes d’un naufrage, qui donnent leur cargaison à Ericson comme récompense. Avec cette cargaison, ainsi que les grumes, Ericson est devenu l’homme le plus riche du Groenland.

Éric le Rouge meurt peu après le retour d’Ericson qui devient chef de la colonie. Bien qu’Ericson n’ait jamais fait un autre voyage, d’autres Groenlandais l’ont fait durant les quinze années suivantes ou presque. Le frère d’Ericson, Thorvald, est tué par les Indiens lors d’une expédition, et il est probable que d’autres établissements vikings du Vinland ont été contrecarrés par des Indiens hostiles.

Leif Ericson meurt au Groenland aux environs de 1025.

img071-copie.jpgOù se trouve exactement le Vinland reste un mystère. Au début des années 1960, des archéologues norvégiens découvrent les ruines d’un ancien village de Vikings dans le nord de Terre-Neuve, et ce site est depuis présenté comme le Vinland d’Ericson. D’autres sources, cependant, disent qu’Ericson pourrait avoir navigué aussi loin au sud que l’actuel Cape Cod, si ce n’est pas plus loin encore.

En 1964, le président Lyndon B. Johnson, soutenu par une résolution du Congrès, proclame le 9 Octobre, Journée “Leif Ericson” en commémoration de la première arrivée d’un européen sur le sol nord-américain.

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